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  Les chantiers de Filigranes
Comment sortir du "j'aime / j'aime pas" ?
 
 

(c) Photo : Anne-Marie Suire

 

"La sentence est brève et définitive comme un couperet.
Un terrain aride où rien ne pousse.
Tout à fait d’accord avec toi sur (au moins) une relecture pour vérifier la première impression.
Mais le point d’interrogation du « pourquoi ? » me paraît essentiel.
Sa forme de hameçon va plonger dans le cours de ce qui doit être une réflexion pour nous permettre d’en remonter et d’exprimer des raisons sensibles ou raisonnantes qui vont nous éclairer sur nous-mêmes en explorant l’autre.

Cette attitude justificative même si elle suit une opinion négative, devrait ouvrir sur un enrichissement personnel et  compenser le temps perdu à une lecture inutile."

Francis Finidori
Novembre 2009

 
   

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"D’abord une première lecture et le jugement intérieur tombe : « je n’aime pas ça, ce texte ne me plaît pas du tout. » Que faire alors ? En rester là ?        
Me rappeler que parfois je n’appréciais pas spécialement par exemple un texte paru dans Filigranes et qu’ensuite, en l’entendant lu à voix haute par quelqu’un, je l’avais découvert sous un autre angle. Et du coup aimé. Savoir aussi que bien sûr, comme dans la peinture, l’architecture, la musique, et même la cuisine, chacun a des goûts totalement subjectifs.

Souvent question lecture, un tel est enthousiasmé par un récit que personnellement je n’ai pas spécialement estimé. Donc, par rapport à Filigranes, le texte que je n’aime pas, je le relis. Une fois, deux fois, trois fois avec attention. 

        
Ensuite plusieurs possibilités :
1/ Finalement ce texte n’est pas mon préféré, mais il ne me déplait pas tant que ça et j’y ai même trouvé une perspective non vue à la première lecture.
2/ Ce texte est difficile à lire pour moi, qu’a voulu dire l’auteur ? Il y a forcément un chemin à faire. Essayer de comprendre où l’écrit doit m’amener.
3/ Impossible d’aimer ce texte. Mais pourquoi, au nom de quoi ou de qui dois-je aimer tout ce qui s’écrit ?"

Il n’y a rien à faire ! Je n’y arrive pas. Toujours, toujours le sens me rattrape…" Le phénomène est totalement subjectif !"

Jeannine Anziani

 
 
 

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Il y a peu de temps je lisais le dernier roman de Philippe Djian « incidences ».
J’admire l’écriture de cet auteur même si ses sujets sont parfois étranges, je dévore ses livres en deux soirées maximum.
Donc dans le dernier, il est question d’écriture car le héros est professeur d’université et enseigne cette matière. Il dit à ses élèves « d’écrire avec l’oreille » et ça je dois dire que c’est tout à fait ce que je pense.
Soyez musicien, architecte, peintre en même temps qu’écrivain. En cela la poésie est la meilleure façon d’apprendre à écrire avec l’oreille, à construire, à ordonner à partir du son.. Soyez poète avant d’être romancier.
Notre musique est notre style et si nous ne faisons pas de fausses notes, le texte est abouti et recevable. On perçoit la musique de l’autre par rapport à sa propre musique, ainsi la lecture à haute voix peut donner un sentiment différent par rapport à la qualité du texte.
Pour ma part, je sais qu’un texte me plait quand il s’accorde à ma musique intérieure, quelque soit le sens de ce texte.
La mise en voix des textes est une façon de faire découvrir des auteurs , il n’y a pas d’écriture sans la musique des mots.


Annie Christau/ mars 2010

 

 
 

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Dernière modification : 28 juillet 2010