Le L.I.E.N. Pour pour en savoir plus sur l'Éducation Nouvelle dans les autres pays on peut consulter le site du Lien International d'Education Nouvelle à l'adresse suivante ... www.lelien.org Sites des membres du LIEN Site du LIEN : http://www.lelien.org G.R.E.N. : http://www.gren-ch.org G.V.E.N. : http://web.tiscali.it/educanouv G.L.E.N. : http://www.glen.lu Un projet : Le Livre du LIEN Ce livre, initié par Odette et Michel Neumayer lors des rencontres de MARLY-LE-ROI (France) en juillet 2006 a pour objet de faire apparaître la multiplicité des manières d'exister de l'Éducation Nouvelle de par le monde. Le principe retenu est celui de l'interview réciproque sur la base d'une série de questions préétablies par un collectif. Cette structure simple et légère devrait permettre une élaboration rapide et un inventaire de ce qui se fait actuellement sous le nom d'Éducation Nouvelle et de mieux connaître ceux qui s'en réclament et la font vivre. Les questions de l'interview seront transmises sur demande à notre adresse : om.neumayer@libertysurf.fr
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Lettre de retour de Russie (1) Témoignage Odette et Michel Neumayer (GFEN Provence) Texte paru dans le Bulletin de Liaison du GFEN en mai 2005 Découvrir un pays tel que la Russie est en soi un saisissement. Le voyage est-il une solution, pourrions-nous dire en paraphrasant les Surréalistes. Peut-être, mais une solution à quoi ? Au désir de connaître l’autre, de franchir certaines barrières mentales, de voir comment sont mises en œuvre des valeurs auxquelles nous tenons, de prendre une leçon d’histoire… ? Que le lecteur n’attende pas ici une analyse. Nous nous bornerons à évoquer quelques émotions ou étonnements. Dans un premier temps, on est frappé par la taille des villes et des immeubles (parmi eux les 7 étonnants gratte-ciel de l'époque stalinienne), par l’effervescence qui règne dans les grandes artères, par l'intense circulation dans le métro, par la manière dont les Russes se logent et se nourrissent. Nous devrions dire plutôt les Moscovites, car ce sont eux surtout que nous avons pu (un peu) connaître au cours de ce séjour de trois semaines. Vient ensuite le moment où le regard se détache du quotidien. On découvre la très grande culture de bien des interlocuteurs, leur connaissance des langues, des littératures, de la musique, du cinéma, de la peinture. Ils n'ont oublié ni l'histoire (la leur et celle des autres pays), ni la poésie, ni la philosophie. Leur mémoire est immense. Leur appétit de création sans borne. Leur demande très forte de connaître et de disposer de livres. Invités par la Directrice de la Médiathèque du Centre Culturel Français de Moscou, nous avons eu le bonheur d'animer cinq jours d'ateliers d'écriture à l’intention des responsables de salles de lecture française situées dans des villes parfois fort éloignées de Moscou. Nous avons rencontré des personnes de différentes générations, certaines parfois très jeunes. Nous les avons vues écrire en français, s'enthousiasmer pour les ateliers d'écriture et porter la littérature française avec une belle ténacité. Un grand moment de réflexion pour elles : le pari du "tous capables" qui leur a donné des ailes et permis de se risquer à l'écriture dans une langue apprise au lycée seulement ou à l'université. Une découverte : faire de l'écriture un bien partagé et donc s'interroger sur les outils pour cela. Une interrogation de taille : l'idée de culture de paix. Quels sont nos symboles respectifs, quelles images de paix ou de guerre nous habitent ? Tout cela dans l’humour et la bonne humeur. Moins surprenante mais tout aussi chaleureuse, la semaine passée au Lycée français de Moscou avec des élèves de CM2, 4ème, 1ère et leurs enseignants passionnés par l'écriture et par la possibilité d’entrer en correspondance avec des élèves français (des liens s’ébauchent entre une école des Bouches du Rhône et une classe de CM2). La BCD et le CDI sont le cœur créatif de l’établissement et font vivre la culture française à ces enfants de toutes nationalités. Et, divine surprise, le Directeur de l’école connaît bien l’Education nouvelle et a sur son bureau le dernier numéro de la revue Dialogue…
Le nom de Saint-Pétersbourg parle à nos imaginations. Ce fut un plaisir de retrouver là-bas, à la descente du train, des amis du Groupe Russe d’Education Nouvelle, venus nous accueillir. Ils s’appellent Anatole, Nadejda, Tatania, Victor… et ceux qui ont participé à leurs ateliers lors des Rencontres du LIEN à Malonne (Belgique) en juillet 2003, s’en souviennent. Ravis de nous faire admirer les beautés de leur ville (dont l’inoubliable musée de l’Ermitage le long de la Neva), ils nous ont aussi permis de rencontrer des enseignants russes sur leur lieu de travail. Dans le lycée d’Anatole, nous avons animé un atelier d'écriture dont la traduction simultanée était assurée avec beaucoup de gentillesse et de talent par Nadejda. Les questions posées à propos de l’Education nouvelle par ces enseignants de langue, maths, physique, chimie, montrent que nous avons beaucoup de points communs et que des terrains d’échange sont possibles (approche philosophique et pratiques pédagogiques). Revenus dans nos pénates et aussitôt repris par les multiples obligations de notre vie française, nous mesurons la difficulté à maintenir vives et productives les relations esquissées pendant ce court séjour. Mais cette visite amicale aux tenants de L’Education nouvelle de St Pétersbourg, nous a sensibilisés à plusieurs points : Celui de l’accueil que nous réservons aux amis de l’étranger quand ils viennent en France (hébergement, déplacements, exploration du milieu…). Celui de l’espace d’intervention et d’animation de démarches et ateliers introduisant dans les manifestations nationales ou internationales des problématiques nouvelles et inconnues, parfois surprenantes… Celui des écrits (articles, plaquettes, livres) qui pourraient être traduits d’une langue à l’autre pour être mieux connus. Celui d’une histoire à reparler, à revisiter en commun (nous y étions invités par la proximité des dates anniversaires des 8 et 9 mai 1945, par la visite au monument érigé à la mémoire de l’incroyable et courageuse résistance des habitants de Saint-Pétersbourg, lors du siège de la ville de 1941 à 1944). Celui d’un apprentissage linguistique à développer nécessairement…
C’est d’ailleurs pour cette raison que nous vous quittons ici pour reprendre illico notre manuel de conversation en russe ! O+M
 Lettre de Russie (suite) Où les symboles nationaux sont un objet de travail qui fait lien Témoignage Odette et Michel Neumayer (GFEN Provence) Texte paru dans le Bulletin du L.I.E.N. en octobre 2005
Il se trouve qu'au mois d'avril 2005, nous avons passé trois semaines en Russie et que nous avons eu l'occasion de rencontrer des membres du GREN (Groupe Russe d'Éducation Nouvelle) de Saint-Pétersbourg. La visite fut brève (trois jours) mais dense. Nous avions tous en tête l'hypothèse haute qu'il y avait nécessairement des choses à partager, et nous étions prêts à bousculer toutes sortes de frontières et en particulier celle de la langue. L'hospitalité, l'amitié et le désir de comprendre l'autre ont fait le reste.
La possibilité nous fut offerte d'animer un atelier d'écriture en direction des enseignants d'un lycée russe. Merci Anatole ! Nous savons tous que travailler ensemble abolit les limites et pour peu qu'une personne de bonne volonté et parlant le français accepte de traduire les consignes (Merci Nadedja !), une séance d'écriture peut avoir lieu.
L'atelier, intitulé "La Tour Eiffel, pour ou contre ?", loin d'être un cocorico franco-français, posait la question des symboles dans lesquels s'ancre une identité nationale. Au fond, qu'est-ce que nous reconnaissons ou acceptons comme symbole et au nom de quoi, de quelles valeurs ? Nous sommes-nous souvent interrogés à propos de la signification attribuée par les peuples eux-mêmes aux monuments dits "nationaux" ? Quels raccourcis, quels lieux communs dans ces symboles en regard de la complexité des sociétés et de la vie au quotidien à Paris, à Saint-Pétersbourg ou ailleurs!
L'atelier était ludique et les participants ont beaucoup ri, étonnés qu'ils étaient de cette manière d'aborder les questions sérieuses sans nier l'humour et l'esprit critique. Nous aurions aimé pouvoir pousser la discussion encore plus loin : les symboles sont-ils d'un autre temps ? Si oui, qu'est-ce qui ferait actuellement symbole pour nous, en France ou ailleurs ?
Les liens noués à l'occasion d'un voyage à l'étranger ne sont pas faciles à entretenir de manière suivie et régulière. Et ce, même si nous désirons garder le contact. Il n'empêche qu'après notre départ, Tatiana, notre aimable hôtesse, avisant un article dans un journal russe à propos de la Tour Eiffel, nous a écrit en russe en s'aidant d'un traducteur automatique (ce qui donne des résultats étonnants mais permet quand même de suivre la pensée de l'expéditrice).
Le symbole continuait de jouer son rôle de lien entre elle et nous. O.M.
 ATELIER "La TOUR EIFFEL : pour ou contre ?" Où l'on s'amuse à reconstruire, à réinventer l'objet Tour Eiffel. QUELQUES PROBLEMATIQUES...
Écrire toutes sortes de textes pour aller lire toutes sortes de textes : journaux, ouvrages de vulgarisation, récits, nouvelles, poèmes. L'histoire. Le rapport au temps, à la date anniversaire, à la commémoration. La mémoire collective, autour de l'imaginaire et de l'emblématique : ensemble de valeurs attachées à un symbole. Revisiter le sens attribué à la Tour Eiffel par la tradition culturelle. La Tour Eiffel comme support des projections mentales et sentimentales de ses contemporains (le beau, le progrès, le sentiment national, les souvenirs, le spectaculaire, etc.) Les mythes fondateurs au sens de BARTHES : " Nous voguons sans cesse entre l'objet et sa démystification, impuissants à rendre sa totalité : car si nous pénétrons l'objet, nous le libérons mais nous le détruisons ; et si nous lui laissons son poids, nous le respectons, mais nous le restituons encore mystifié ". (" Mythologies " Points Seuil). La Tour, métonymie de la ville de Paris et de l'esprit parisien : " Paris, mais c'est la Tour Eiffel avec sa pointe qui monte au ciel ..." !
D'abord des questions: Comment bâtir une séquence d'écriture autour d'un thème qui dit le rapport au temps, à la date anniversaire, à la commémoration ? Comment explorer par l'écriture l'histoire, la mémoire collective, autour de l'imaginaire et de l'emblématique (ensemble de valeurs attachées à un symbole) ? Comment revisiter de manière impertinente le sens attribué à la Tour Eiffel dans la tradition culturelle : la Tour comme support des projections mentales et sentimentales de ses contemporains (le beau, le progrès, le sentiment national, les souvenirs, le spectaculaire, etc.) ? Etudier la métonymie, en ce que la Tour est une métonymie de la ville de Paris et de l'esprit parisien: "Paris, mais c'est la Tour Eiffel avec sa pointe qui monte au ciel..." Des livres en marge de l'atelier : "Tout sur tout - Petit dictionnaire de l'insolite et du sourire", Claude GAGNIERE, France Loisirs, 1986. "La Tour Eiffel" présentée par Armand LANOUX, Éditions de la Différence, 1980. "Le K", Dino BUZZATI, Le Livre de Poche N°2535
Déroulement 1 - Fresque questionnante sur la TOUR EIFFEL "Il me vient à l'esprit des choses invraisemblables. En fait, elles ne le sont pas. Tout ce qu'un homme est capable d'imaginer, d'autres seront capables de le réaliser." dixit Jules VERNE, par Capitaine NEMO interposé. Toutes les questions sérieuses ou farfelues qu'on est en droit de se poser au sujet de "la vieille dame", sont dites ou notées sur une fresque. Ensuite, les participants peuvent être répartis en petits groupes, avec la tâche de bâtir / d'inventer une des deux fiches suivantes : soit une fiche technique sur la Tour Eiffel (en réponse aux questions : avec quoi ? combien ? Comment ? Quels chiffres ?...etc.), soit une fiche historique (qui ? quand ? pourquoi ? etc.). 2 - Mise en couleur Chaque participant a dix minutes pour s'approprier en couleurs le document ci-joint représentant une Tour Eiffel. (Cf. Annexe 1) 3 – Cela me fait penser à… Les tours coloriées sont disposées sur les tables et encadrées de deux feuilles blanches (+ et -). Sur chacune d'elles, les participants sont invités à écrire les épithètes malsonnantes (feuille -) et les expressions qualifiantes (feuille +), que cette image colorée lui suggère. Il ne s'agit pas ici de formuler des jugements de valeur sur le coloriage en lui-même mais de qualifier, de comparer, d'établir des analogies. 4 – Pour ou contre ? En utilisant les feuilles + et - de la phase 3, les participants répartis en deux ou quatre groupes rédigent sur grande affiche une pétition ou une lettre ouverte "à qui de droit" soit en faveur de la commémoration du centenaire, soit contre cette commémoration. Lecture des affiches, puis lecture comparative de la pétition écrite à l'époque en 1887 (cf. Annexe 2). Un travail sur l'argumentation peut se faire à partir des textes (repérage des types d'arguments avancés à 100 ans de distance). 5 – L'insolite tour Une vingtaine de cartes postales ou reproductions de la Tour Eiffel est disposée sur la table. Sous l'air rassurant et l'aspect connu de la Tour, repérer l'insolite et le noter en quelques lignes sur des petits bristols - au moins 5 par personne - que l'on déposera au fur et à mesure sur la table. Lecture à haute voix des bristols / fragments d'insolite. 6 - La mythologie de Paris : le livre des records. Chaque groupe reçoit une fiche sur laquelle est résumé un record touchant la Tour Eiffel, une expression ou un mot y sont soulignés (cf. les paragraphes ***). Après une recherche sémantique autour de ces mots ou expressions, on mettra en place un court récit, dans le ton journalistique, ou humoristique, ou dramatique... en insistant sur l'élément à développer. Après une première lecture au grand groupe, chaque petit groupe introduit dans son texte au moins deux "fragments d'insolite" écrits dans la phase 5, et rétablit la cohérence du récit. Lecture des passages "perturbés". Exemples de résumés : *** Pour son 85ème anniversaire, l'éléphant du Cirque Bouglione fait, à pattes, l'ascension du premier étage.
*** Deux jeunes anglais en 1984 ont sauté en parachute du 3ème étage et se sont posés en douceur sur le Champ de Mars.
*** En 1912, Reichel, tailleur à Longjumeau, expérimenta, à partir du premier étage, un étrange costume "d'homme - oiseau", avec des voiles en caoutchouc et des courroies de cuir. En s'écrasant au sol, il creusa un trou de 37cm.
*** Une inconnue, baptisée Christiane par la presse, le 6 Novembre 1964, enjamba la rambarde du premier étage et atterrit, après un saut de 57 mètres, sur le toit de la Dauphine d'un technicien de la Télédiffusion de France qui amortit le choc et lui sauva la vie.
*** Pierre Labric, futur maire de la Commune Libre de Montmartre, fit le pari -et le gagna - de descendre à vélo les 363 marches qui séparent le premier étage du sol.
7 - La Tour Eiffel et la littérature. a) liste collective de ce qui pourrait arriver à la Tour Eiffel si elle était un personnage. b) on donne à chacun ou on dicte l'incipit du récit fantastique de Dino BUZZATI (cf."Le K", Livre de Poche n°2535) :
"C'était le bon temps quand je travaillais à la construction de la tour Eiffel. Et je ne savais pas que j'étais heureux. La construction de la tour Eiffel fut une chose grandiose et très belle. Aujourd'hui vous ne pouvez plus vous en rendre compte. La tour Eiffel telle qu'elle est désormais n'a plus grand chose de commun avec ce qu'elle était alors. A commencer par..."
On poursuit le texte, individuellement, en utilisant des procédés connus (écriture effervescente, liste collective de la phase précédente...) ou des fragments déjà produits, et en prenant conscience des éléments autour desquels s'organise le projet de texte.
Lecture par chacun de son texte au grand groupe. 
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