Les chantiers 2010-2011

A partir de quelques citations et propositions diverses…

"Le besoin d'écrire est une curiosité de savoir ce qu'on trouvera". Alain  

"Écrire c'est ébranler le sens du monde, y disposer une interrogation indirecte, à laquelle l'écrivain, par un dernier suspens, s'abstient de répondre. La réponse, c'est chacun de nous qui la donne, y apportant son histoire, son langage, sa liberté" Roland Barthes  

"On ne peut rien écrire dans l’indifférence" et "Écrire est un métier… qui s’apprend en écrivant". Simone de Beauvoir  

"Celui qui s’attarde trop à examiner ses projets ne les exécute pas. Pas de meilleure recette pour écrire que l’écriture". Adolfo Bioy Casares  

"…écrire c’est avoir une très haute considération de soi-même, et c’est avoir conscience que l’on n’est pas à la hauteur, que l’on n’y a jamais été". Christian Bobin

 … nous avons retenu les quatre chantiers suivants pour 2010-2011. A chaque fois, nous voulons mettre l'accent sur les tensions, les oppositions, les paradoxes.

Pour que ces chantiers vivent, un appel est lancé au lecteur afin, qu'à son tour, il propose des témoignages, des commentaires, des réactions, des sources bibliographiques. Ces apports seront régulièrement mis en ligne sur la base des courriels reçus. 




Chantiers de Filigranes
(c) Photos : Anne-Marie Suire

 

 

Chantier n°8

Rendre l'écriture
visible…

D'autres écritures que celles des écrivains connus ou reconnus sont-elles suffisamment mises en lumière ? Peut-on laisser les circuits dominants décider de la Visibilité d'une écriture ? Quid du formatage des écrits vers une pensée unique ? Faut-il s'en remettre à la chance pour être Visible ou doit-on s'en donner collectivement les moyens ? Comment s'engager dans une action visant à rendre Visible sa création ?




Chantiers de Filigranes
(c) Photos : Anne-Marie Suire


 

Chantier n°7

"Écrire, ébranler le sens du monde, y déposer une interrogation indirecte…"
dit Roland Barthes. Comment ?
Pourquoi ?

On peut opposer la communication adressée directement à quelqu’un et l’écriture, toujours non adressée.
L’écriture est pourtant un dialogue perpétuel avec les sens du monde que d’autres ont donnés avant. Elle comporte une dimension dialogique, pour reprendre le terme de Bakhtine et Volochinov. Il y a une espèce de triangle entre le monde, le sujet écrivant et les discours préexistants sur le monde qui vont façonner peu ou prou l’écriture du sujet.
Si interrogation indirecte il y a, qui ou quoi vise-t-elle ? Les contemporains, les autres écrivants, le monde énigmatique ? A quelle condition une écriture peut-elle ébranler en quelque façon le sens du monde ? Est-ce toujours le cas ? Cela ne suppose-t-il pas une part de méconnaissance ? « La pierre qu’on va mettre on ne sait pas où on la met » (Arlette Anave).

 

 

Chantiers de Filigranes
(c) Photos : Anne-Marie Suire

 

Chantier n°6  

J'aurais voulu aimer écrire dans un autre genre…

L’écriture nous permet-elle d’échapper à nos penchants ou nous fait-elle ressasser toujours les mêmes questions ? Pourquoi certains ont-ils envie d’expérimenter sans cesse de nouvelles formes alors que d’autres aiment creuser toujours le même sillon ?

Arrive-t-on à comprendre ce qui nous a orientés vers tel ou tel genre ? Ce qui nous a donné envie de changer, est-ce l’impression de ne plus pouvoir se renouveler ? Le désir d’aborder de nouvelles questions et le constat d’une inadéquation entre tel genre et telle question ? Ou l’envie de toucher un nouveau public ? Des commandes ont-elles pu nous lancer sur des voies inédites ?


 

Chantiers de Filigranes
(c) Photos : Anne-Marie Suire

 

Chantier n°5  

Publié
pour la première fois

L’écriture nous permet-elle d’échapper à nos penchants ou nous fait-elle ressasser toujours les mêmes questions ? Pourquoi certains ont-ils envie d’expérimenter sans cesse de nouvelles formes alors que d’autres aiment creuser toujours le même sillon ? Arrive-t-on à comprendre ce qui nous a orientés vers tel ou tel genre ? ce qui nous a donné envie de changer ? est-ce l’impression de ne plus pouvoir se renouveler ? le désir d’aborder de nouvelles questions et le constat d’une inadéquation entre tel genre et telle question ? ou l’envie de toucher un nouveau public ? Des commandes ont-elles pu nous lancer sur des voies inédites ?

 

Les chantiers 2009

 

Ces quatre premiers chantiers de réflexion sont issus des discussions qui ont animé les séminaires et les ateliers de 2009-2010. Nous les avons choisis pour leur intérêt dans la réflexion sur ce que signifie "écrire".

A travers les trois premiers, nous avons voulu éclairer à quoi renvoie "la part cachée" - une part cachée - de l'acte de création. Nous pensons à la question du sens ; à celle la relation, réelle et imaginaire, au lecteur ; à celle de "processus" envisagée à partir de ce qui en serait sa clôture. Le quatrième chantier concernait les mutations actuelles dans l'écriture et l'édition avec le développement du numérique.

Ces chantiers ne sont pas clos.

 

 

 

Chantiers de Filigranes
(c) Photos : Anne-Marie Suire

 

 

Chantier (2009) n°4   

Écrire sur papier,
écrire sur ordinateur : quelles évolutions,
quels changements ?

 

Chantiers de Filigranes
(c) Photos : Anne-Marie Suire

 

 

Chantier (2009) n°3

Comment sortir
du "J’aime…
j’aime pas…" ?

 

Chantiers de Filigranes
(c) Photos : Anne-Marie Suire

 

 

Chantier (2009) n°2  

Lisible - illisible ?

Un texte illisible peut-il s'entendre ? Qu'en est-il en la matière des normes, des codes, de la culture qui interférent sur la lisibilité et sur le sens ?

 

Chantiers de Filigranes
(c) Photos : Anne-Marie Suire

 

 

Chantier (2009) n°1

Texte abouti...
Texte non abouti..

Un texte est-il jamais fini et lorsqu'il l'est formellement, qui décide qu'il est abouti ? L'auteur, le lecteur, la postérité... Un texte abouti est-il une naissance ou une "petite mort" ? Un texte non-abouti, est-ce lui laisser une ouverture à l'inconnu ? Ce serait donc une phase du travail d'écriture… ou est-ce le manque de courage d'aller "jusqu'au bout", de risquer le point final qui non seulement met un terme au projet mais aussi le détache de l'auteur et de son contrôle ?

Aboutissement et liberté pour entreprendre autre chose ou vivre le vide ?

Pour que ces chantiers vivent, un appel est lancé au lecteur afin, qu'à son tour, il propose des témoignages, des commentaires, des réactions, des sources bibliographiques.

Ces apports seront régulièrement mis en ligne sur la base des courriels reçus.

Filigranes 

 

 


 

 

 

 

 

A la recherche
d'une poétique ?

La preuve obstinée de Filigranes est sa poétique. Mais qu'est-ce que cette "poétique" ? Pour essayer de cerner ce qui pourrait être une poétique du moment présent dans laquelle inscrire ce mouvement en filigranes auquel nous participons, je pars d'une citation de Anne Marie Suire : "Il faut agir, pour que soit pris en compte ce qui fait la 'poétique' d'un monument : l'environnement pour lequel il a été conçu et qui lui confère une existence à la puissance maximale" (in La France du Patrimoine, p.127)


Ce qui fait la poétique de Filigranes est non seulement l'objet papier mais aussi l'environnement dans lequel on le produit : le souffle des séminaires, les liens créés, les prises de position, sa présence à l'épreuve du temps. Ce qui lui donne sa puissance maximale sont les valeurs humaines qu'elle porte.
Comme le dit Aragon, "il ne suffit pas de se taire, il faut savoir dire autre chose". Or
Filigranes sait inventer autre chose en créant un espace multiple des plusieurs "R" : rencontre, résistance, réflexion, relecture, retravail, regard bienveillant...

De quoi sommes-nous témoins ? De vies simples, sans histoire, pleines de doutes, de peurs mais aussi d'espoirs. Être témoin d'un autre monde possible, celui de l'émancipation par la création.
 

Teresa Assude